lundi 22 janvier 2018

Dans l'atelier de Sophie Roland.




Le hasard fait parfois bien les choses. Il y a de cela quelques semaines, le Strict Maximum avait eu vent d'une exposition collective à laquelle participait Sophie Roland. Alors qu'il allait déjeuner rue Charlot, le SM se souvint que c'était justement dans cette rue que la céramiste exposait. Le dernier jour, pas loin de la dernière heure, nous avions failli nous manquer.
Un vase sous le bras, nous avions promis de nous revoir. C'est chose faite aujourd'hui dans son atelier Romainvillois. Rencontre.


Sophie, avant de nous parler de vous, parlez-nous de cet atelier où vous nous recevez aujourd’hui.
Cet atelier qui se situe à Romainville, je l'occupe avec deux amies qui sont également artistes céramistes. J'y travaille depuis mai 2016. C'est un lieu calme, clair propice au travail et à la concentration. Il est suffisamment spacieux pour que nous puissions y travailler toutes les trois sans nous gêner. Le fait de pouvoir travailler à mon rythme et de manière régulière dans cet atelier m' a permis de développer considérablement mes créations céramiques et de les faire évoluer. Nous avons un four et maitrisons donc nos cuissons, plus d'attente ou de transport de pièces afin de les faire cuire, voilà c'est tout simplement avoir un lieu à soi pour créer.





Vous vous êtes mise tardivement à la céramique, comment y êtes-vous venue ? 
J'ai longtemps pris des cours de sculpture/modelage et également de peinture. Mais j'avais très envie d'aborder le travail de l'émail et en 2015, j'ai rencontré une céramiste qui s'installait dans un atelier rue Philippe de Girard et qui m'a proposé d'y travailler deux jours par semaine en plus du cours que je prenais avec elle afin d'apprendre les bases de la poterie. Je crois que l'amour de la céramique a démarré très vite à cette époque. C'est à ce moment que j'ai cherché un lieu dans lequel je pourrais venir tous les jours, j'avais constamment des formes en tête et l'envie de les réaliser.

Lors de nos échanges, vous avez évoqué un grand-père céramiste, vous pouvez nous en dire plus ? Son travail vous a-t-il influencé?
Oui effectivement, mon grand-père René Hénon qui était architecte de formation a été céramiste et a crée une petite manufacture de céramique à Sèvres. Cette petite entreprise s'appelait Keramos, elle est d'ailleurs citée dans le livre de l'exposition Sèvres Boulogne-Billancourt, la céramique indépendante, au musée des années 30 à Boulogne-Billancourt. 

Elle a eu une production importante surtout pour l'exportation vers les Etats-Unis dans les années 40 et 50, et a également fait  des créations pour Primavera. 
Je n'ai pas connu l'atelier mais ma mère m'en parlait quelque fois et nous avions à la maison des services à thé, à café, des tasses, des coupelles, des vases dessinés et fabriqués par Keramos. Je ne peux pas affirmer que ses créations m'ont influencées mais la céramique m'était familière même si je m'y suis engagée tardivement et j'aimais et j'aime toujours beaucoup son travail.








Quelles sont vos principales inspirations dans votre travail ?
J'envisage toujours mes pièces comme des sculptures. Avant tout c'est la forme qui compte pour moi. C'est un peu banal de dire que la nature m'inspire mais il est vrai que je suis très inspirée par les montagnes et les volcans. J'aime énormément la région des volcans d'Auvergne et leurs formes douces et arrondies. Ces formes aux ouvertures et cheminées multiples sont une caractéristique de mon travail. Je laisse aussi mon imagination vagabonder afin de trouver des formes, et un crayon à la main je dessine souvent sur des petits carnets que j'ai toujours à la maison ou à l'atelier. Ensuite la terre me guide quand je la travaille à l'aide des colombins,  et j'aime laisser la place aux imprévus.

Comment travaillez-vous la terre ? 

Je n'ai pas appris à tourner et je monte toutes mes pièces aux colombins sinon je modèle également certaines pièces. Je n'utilise que du grès qui est une terre qui cuit à haute température et qui se vitrifie, son aspect solide et rustique me convient et me plaît particulièrement. Le mot anglais pour grès est stoneware qui se traduit littéralement par vaisselle de pierre! 

J'ai une prédilection pour la terre noire lisse ou chamottée et je laisse très souvent les pièces non émaillées à l'extérieur afin de voir la matière. La technique du colombin me convient parfaitement car j'aime les formes irrégulières et l'on peut faire évoluer la pièce à son grès à mesure qu'elle monte. Dans le processus de création j'aime le rythme qu'impose la terre et ces différents stades jusqu'au moment où la pièce est terminée.

  



Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je réfléchis à l'apport de la couleur par des applications d'engobe sur de la terre noire. Les interactions entre la terre noire,  les engobes et la couverte transparente sont toujours surprenantes et intéressantes. Je voudrais également réaliser des pièces de très grandes tailles.

Vous réalisez vases, bougeoirs, coupelles, assiettes… Qu’auriez-vous envie d’intégrer à la série ?
En réalité je ne pense pas en terme d'objets utilitaires, mais pourquoi pas des lanternes. Et sinon des pièces qui serait totalement des sculptures.

Quels artistes appréciez-vous ?

J'apprécie énormément le travail des céramistes Les 2 potiers (Michelle et Jacques Serre), de André Borderie et d'Elisabeth Joulia.

Sinon je citerai Per Kirkeby et Miquel Barcelo qui sont deux artistes dont les oeuvres m'ont fortement impressionnées.

Une exposition ou un lieu visité récemment à nous conseiller ?
Évidemment l'exposition Gauguin l'alchimiste, car j'y ai découvert ses ouvres sculptées et ses céramiques. Mais je suis impatiente d'aller voir Météorites au jardin des plantes et Être pierre au musée Zadkine, deux expositions que je n'ai toujours pas eu le temps de voir.

Quels sont vos projets pour 2018 ?
En 2018 j'ai pour projet de rencontrer des galeries à Bruxelles et à Paris afin de présenter mon travail. Également une nouvelle exposition, car autant j'aime travailler seule à l'atelier, autant je trouve très enrichissant et joyeux aussi de partager avec d'autres et de voir et entendre les réactions des gens face à mes créations. Et puis toujours l'atelier.


Pour contacter Sophie Roland, c'est ici et pour suivre son travail sur instagram, c'est .












lundi 15 janvier 2018

Antonio Lampecco.


Lors de son dernier périple Bruxellois à l'automne dernier, le Strict Maximum a fait l'acquisition de son premier Antonio Lampecco. Un vase boule à la microscopique ouverture (ci-dessus et à gauche) en se promettant de rendre visite un jour au talentueux céramiste.

Le Strict Maximum n'en est pas à sa première (ni sa dernière) visite d'atelier. Généralement, il découvre des espaces de tailles modestes et des céramiques de récentes cuissons avec en bonus, quelques  pièces plus anciennes si pièces plus anciennes il reste. Chez Antonio Lampecco, c'est une toute autre histoire. Jamais le SM n'a visité espace de présentation si important. Des volumes proches de ceux d'un musée où les pièces respirent et sont intelligemment disposées et mises en lumière. Stèles, vitrines, mobilier, rien n'est laissé au hasard.




Antonio Lampecco n'a pas toujours jouit d'un tel espace. D'abord employé à l'atelier de céramique de l'abbaye de Maredsous, il s'installe en 1957 à Maredret avec sa famille dans une modeste maison où est aménagé leur atelier. Par la suite, le succès venant, il s'installe dans une ancienne usine de confitures du village (l'espace actuel) La poterie Lampecco est aujourd'hui une affaire familiale. Antonio y travaille avec son fils Thierry qui assure la production utilitaire. 
Antonio Lampecco y réalise principalement ses célèbres vases à la minuscule ouverture. De toutes les tailles et aux multiples émaux. Des vases plus proches de la sculpture puisque vous pourrez difficilement y mettre plus qu'un épi de blé. A la question "pourquoi ses formes ventrues?", le céramiste nous explique qu'elles lui évoquent les fruits et légumes généreux de son Italie natale : pastèques, melons, courges... Quant à la petite ouverture, elle s'impose progressivement à Lampecco. Apprenti, on lui demande de réaliser des cabanes à oiseaux avec des ouvertures rondes de 5 cm de diamètre. Au fil des réalisations et par souci esthétique, il réduit volontairement l'ouverture, s'attirant ainsi les foudres de son maître.






Ces formes et ces ouvertures sont devenues sa marque de fabrique. Il produit également quelques pièces plus sculpturales : pyramides, totems et formes inspirées des montagnes italiennes. L'espace propose également des pièces utilitaires et d'autres plus anciennes. Les réserves regorgent de vases méticuleusement rangés par tailles et par couleurs. Chacun y trouvera son compte comme le témoigne les nombreux visiteurs repartant avec du Lampecco. Parfois sans le savoir car les Lampecco produisent des chopes vendues à l'abbeye de Maredsous.
Bref, une visite à vous en faire perdre la boule (mais avec une minuscule ouverture )










dimanche 31 décembre 2017

Transition.

Diable! Il ne nous reste que quelques heures avant le changement d'année et le Strict maximum n'a que peu de temps pour dresser le bilan de 2017.
Avant de s'attaquer à l'année 2017 du SM, on peut dores et déjà tirer le portrait de votre année à vous.

Google dresse chaque année le palmarès de vos recherches nous aidant à savoir ce qui vous  a réellement interessé. La déception est grande.

Si l'on en croit ces résultats, fascinés par Emmanuel Macron vous avez particulièrement apprécié manger une bonne tartiflette avachis devant  Games of Thrones tout en vous interrogeant vivement  sur la définition du mot oligarchie. Bien entendu la disparition de Johnny a été un coup particulièrement dur pour vous cette année.

Sachez qu'au Strict Maximum nous ne  prenons pas la décision d'orienter la teneur de ce blog en fonction de ces résultats -donc de vos recherches- ou alors 2018 s'annonce vraiment mal.


En attendant, nous espérons que vous êtes fin prêts à accueillir cette nouvelle année...


...car nous, pas du tout.




mercredi 27 décembre 2017

Charles Gaudry.







Vous avez déjà vu cette peinture il y a un peu plus d'un an sur le Strict Maximum, on ne va pas vous la faire à vous, fidèles lecteurs. La petite différence, c'est qu'elle est dorénavant accrochée dans notre salon et ça, c'est une excellente occasion de vous parler un peu plus de son auteur : le peintre et céramiste Charles Gaudry.

Charles Gaudry (1933-1980)


Parisien de naissance, Charles Gaudry passe son enfance à Saint Amand en Puisaye chez une grand-mère qui peint des miniatures sur porcelaine. Son père, ingénieur au Gaz de France, partage ses loisirs entre la photographie d'art et la poterie apprise dans les ateliers des maîtres artisans Lion et Pointu. Charles a de qui tenir, il sera lui aussi un artiste.
Après d'excellente études au Lycée Jacques Decour, il entre aux Beaux-Arts de Paris où il révèle des dons prometteurs et un talent de coloriste et de peintre, récompensé par plusieurs prix. Il voyage beaucoup, de Norvège en Finlande, puis en Autriche, en Allemagne et, bien sûr, en Italie. Pendant toutes ces années il vit de la vente de ses toiles, il mûrit sa technique, son savoir et forme sa main aux belles choses. Il se passionne pour le grès, la cuisson de l'argile, la fonte et l'émail. 







Gaudry revient vivre en Puisaye en faisant l'acquisition d'un ancien hameau de deux fermes. Retour aux sources faisant naturellement naître le désir déjà latent de faire de la poterie. Il sait déjà tourner mais quelques leçons plus tard pour se perfectionner, il se lance bientôt dans la réalisation de modèles qu'il a dessinés. Une grange est transformée en atelier et en 1968, Charles Gaudry commence à produire. Ses grès atteignent un niveau de qualité consacré par le succès qui amena leur présentation au 38e salon des ateliers d'art à Paris.







La modernité et la fonctionnalité de sa vaisselle rencontre un important succès à travers toute la France. Elle est distribuée dans des dizaines de points de vente et il n'est pas rare de tomber sur sa si reconnaissable signature aujourd'hui.




Signature de Charles Gaudry


Charles Gaudry s'intéresse de près aux travaux des potiers de Saint-Amand, vivants et disparus. Il sait tout sur Jean Carriès, Paul Jeanneney, Eugène Lion et Théo Perrot pour ne citer que les plus connus. Il a admiré leurs créations et rêve de réunir leurs pièces dans une exposition. Il le réalise en août 1969 en réunissant 400 ans de poteries sorties des fours des artistes et artisans Poyaudins. C'est tout naturellement que l'on s'adresse à lui pour réaliser un buste du maître Jean Carriès à Arquian.

Affaibli, Charles Gaudry cède son atelier à son personnel pour ne s'occuper que du magasin de Saint-Amand, investissant toute sa sensibilité d'artiste dans la poterie, l'homme se retranche peu à peu dans une vie de bohème et de solitude jusqu'à sa mort en 1980.

Collection de la Résidence B-B, merci à eux pour toutes ces informations et photos d'archives ;-)


samedi 23 décembre 2017

Noël 2017.


Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Ce Noël 2017 sera sans sapin au SM. Point de rebellion envers la tradition mais guère envie de voir l'arbre vert ou argent envahir l'espace pour 3 semaines. Donc, ce sera sans.

Par contre, c'est toujours un plaisir de le voir s'épanouir chez vous.

D'ailleurs, savez-vous que ce sapin autour duquel tout le monde se presse symbolise l'arbre de vie? Ses boules, la pomme croquée par  Bonnie et Clyde et ses guirlandes le serpent? Il était visiblement mal vu à l'époque d'être végétarien. Personnellement, nous aurions choisi le serpent.

Si le SM fait l'impasse sur la présence de l'arbre en ses locaux cette année, il est hors de question de faire l'impasse sur les photos de Noël.

Une fois de plus l'arbre est à l'honneur, et une fois de plus la femme aussi. 


Puisqu'on vous le dit Madame que la taille n'a pas d'importance.

 Ceci n'est pas un hélicoptère.

Un cadeau visiblement inattendu.

 Le sapin est sur la droite.

C'est toujours une telle surprise!

Human centipede.

 Un père Noël visiblement en forme ce soir là.

Allez... à l'année prochaine!